• Conseils de plume #1 : Le vrai et le vraisemblable

    Comme je commence à avoir une certaine expérience dans la correction de projets de roman amateur, je me suis dit qu'il était temps de donner quelques clés à ceux qui voudraient déployer leurs ailes dans le milieu de la création littéraire. J'ai donc décidé de commencer par quelque chose qui me chiffonne beaucoup dans bon nombre de torchons que j'ai eu l'honneur de lire : le vrai et le vraisemblable.

    Commençons par définir ces termes au sens où je les entends, pour éviter tout malentendu. Le vrai, dans un roman, est le genre réaliste, les récits qui se déroulent dans le monde que nous connaissons sans fantaisie comme le rajout de vampires ou de magie. Le vraisemblable, quant à lui, est une notion importante qui fait qu'un monde imaginaire tient debout avec toute la logique que cela implique.

    Il y a maintenant quelques temps, sur le forum d'écriture où j'ai tendance à dispenser des critiques plutôt salées, j'ai pu lire avec un horreur un : "C'est bizarre, mais bon, c'est de la fantasy alors ça passe."

    ...

    NON ! N, O, N !

    Quand j'entends ça, ça me donne envie de...

    Ça ne marche pas comme ça !

    Pour mettre en scène un monde fantaisiste et y plonger un lecteur, il faut que tout s'emboîte ! Si le lecteur s'arrête sur un élément pour se dire "Mais c'est pas logique." alors vous avez mal fait votre boulot. Ce n'est pas parce que votre récit ne peut être vrai qu'il ne doit pas être vraisemblable !

    Réécris-moi ça, c'est caca.

    Un bon roman, c'est un roman qui nous plonge dans un monde cohérent, tangible. On ne peut laisser passer des erreurs de ce genre sous prétexte qu'il s'agit d'un univers onirique. Les catégories littéraires de l'imaginaire sont victimes de ce genre de préjugés et surtout du maléfique "Ta Gueule, C'est Magique". Il s'agit d'un concept qui regroupe tous les Deus ex machina (éléments de résolution non ou mal amenés au cours de l'intrigue) et coups de chance sortis du cul de l'auteur parce que "Ah bah zut, j'ai mis mes personnages dans la merde, mais je sais pas comment les en sortir". Si ce genre de coups de chance arrive, il doit être amené, de façon détournée de préférence pour éviter tout spoil, mais il ne doit en aucun cas arriver comme un cheveux sur la soupe.

    Les éléments inhérents à l'univers se doivent d'être expliqués, et doivent surtout être clairs dans l'esprit de l'auteur. Vous vous rendrez vite compte que les concepts flous dans votre tête seront d'autant plus incompréhensibles pour vos lecteurs. Bien sûr, la masse silencieuse ne dira rien et se contentera de dire "OK, je gobe tout." mais c'est ce genre de chose qui plombera votre écrit et l'empêchera de trouver sa place sur le catalogue d'un éditeur.

    /!\ Ce n'est pas parce qu'il faut fournir des explications qu'il faut faire des pavés rien que sur ça. Les lourdeurs sont assassines dans un récit, le mieux est de montrer plutôt que rabâcher bêtement. Les personnages sont des vecteurs explicatifs en eux-mêmes, il ne faut pas les négliger.

    Pour conclure : Un récit, qu'il soit réaliste ou non, se doit d'être vraisemblable de par sa consistance et ses explications. C'est un puzzle dont toutes les pièces doivent s'emboîter de façon logique.

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  • Commentaires

    1
    Mardi 29 Août 2017 à 00:03

    Ah, c'est vrai que c'est chiant, les trucs pas vraisemblables dans la fantasy... Mais pas que dans la fantasy, dans la SF aussi et dans l'historique. Parce que NON, UN ROI N'EST PAS APPELÉ "VOTRE ALTESSE", C'EST "VOTRE MAJESTÉ" ET ÇA MARCHE AUSSI POUR LA FANTASY. C'était l'instant coup de gueule ^^.

    Non, mais ce genre de trucs a tendance à me donner envie d'écrire un roman sur le bon usage des titres de noblesse sous l'Ancien Régime (j'ai d'ailleurs écrit un article dessus, parce que j'en avais ras le bol ^^).

    Mais revenons à nos mouton, ayant lu plusieurs récits de fantasy de mes amies, je peux dire que c'est très courant, les incohérences, et les trucs pas logiques...

      • Dimanche 7 Janvier à 12:29

        Mais est-ce qu'un roi en fantasy tient le même rôle qu'un roi historique ? Si la réponse est non, pourquoi se refuser à l'appeler "Votre Altesse" ? Il y a des facteurs atténuants lorsque l'on transpose la réalité dans un monde fantastique ^^.

        Eh bah fais-toi plaisir, parce que c'est le genre de chose que pas mal d'écrivains cherchent comme renseignements ;)

        Les incohérences, ça me tue... Et des fois, elles sont tellement grosses que personne ne les voit ! Elles s'inscrivent dans la continuité du récit et la base même de l'histoire est donc incohérente (les cas les plus tristes). J'ai vraiment vu de ces trucs, limite des flash-backs de guerre XD

      • Dimanche 7 Janvier à 14:44

        Un roi, par définition, c'est "Votre Majesté". Même si c'est un roi en monarchie parlementaire. Si on l'appelle "Votre Altesse", c'est un prince consort. Mais bon, je ne suis pas trop chiante là-dessus dans de la fantasy, mais dans de l'historique, je suis intransigeante... J'ai posté plus de 20 commentaires sur un texte Wattpad pour en parler...

        Oui, j'aurais bien aimé avoir des renseignements dessus quand j'écrivais mes nouvelles historiques...

        Des fois, la base de l'histoire est tellement incohérente que ça ne peut pas passer... Quand j'ai écrit mes premières histoires, je n'avais rien planifié puis je me suis retrouvée avec Marie-Blanche et Héloïse enceintes en même temps alors que leurs filles étaient sensées avoir deux ans d'écart ^^

         

      • Dimanche 7 Janvier à 15:01

        De toute façon, chez moi (en fantasy), c'est "Mon Roi", "Roi Machin", "Prince Bidule", etc... Les "Votre Majesté" sont généralement très ironiques ^^.

        C'est peut-être le moment de créer cette base de données alors ;)

        Ah oui, d'accord, ça fait une sacré longue grossesse pour l'une d'entre elles XD. Il vaut mieux avoir un minimum syndical de cadre avant de commencer, l'expérience me l'a appris ^^.

      • Dimanche 7 Janvier à 17:12

        Après, faut faire attention au prénom, parce que "Roi Arthur" ça va, ça fait guerrier et tout, mais "Roi Gervais", moyen... ^^

        Moi, j'écris une fiction historique, avec une comtesse, un comte et toute la famille du coup ça donne "Madame", "Monseigneur", "Mademoiselle + le prénom", et "Monsieur". Les "Votre Grandeur" imposés par l'étiquette sont rares, c'est super lourd, avec la 3e personne du singulier...

        Je le ferais sur le blog d'histoire que je tiens avec Najea !

        En effet, sacrée longue grossesse pour Marie-Blanche ^^ En effet, il vaut mieux, mais je préfère ne pas avoir de plan trop détaillé, ça gâche le plaisir de l'écriture, pour moi.

         

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