• Conseils de plume #4 : lA FanTaSy Cé ToUJoUrS La MêmE cHosE

    Les gens qui parlent de fantasy sans savoir de quoi ils parlent m'énervent. Pas parce que c'est quelque chose de sacré, qui nécessiterait de grandes connaissances afin d'en être digne ou une connerie du genre. Non. Juste qu'ils parlent de fantasy en considérant que c'est forcément du Tolkien. Sauf que non. La fantasy, ça ratisse très, très large. Alors on va aborder quelques types de fantasy (que vous connaissez probablement sans les connaître) pour en montrer un peu la diversité !

     

    /!\ Pavé en approche /!\

     

    Ce que vous appelez peut-être vulgairement Fantasy, celle avec un grand F, c'est de la high-fantasy. C'est à dire qu'on est dans un monde imaginaire qui est la seule réalité de l’œuvre, régi par des lois magiques et habité par des êtres surnaturels. Pour moi, l'un des classiques qui l'illustre le mieux est probablement Le Seigneur des Anneaux (de J.R.R. Tolkien), avec sa carte très détaillée et ses peuples variés. Il y a une logique inhérente au monde qui ne pourrait pas être appliquée au monde réel. C'est un sous-genre de fantasy qui nécessite du travail puisque tout doit absolument tenir debout pour rendre l'histoire vraisemblable (je vous renvois au premier conseil de plume pour ce point).

    En opposition, on va avoir la low-fantasy. C'est le cas de la saga des Harry Potter (de J.K. Rowling). Eh oui, ce n'est pas du fantastique, votre vie est un mensonge ! Ici, on a donc deux réalités qui cohabitent : le monde imaginaire (le monde magique si l'on prend l'exemple Harry Potter) et le monde réel, qui sont reliés par un passage matériel ou immatériel. La difficulté sera donc de ne pas avoir une échelle de valeurs trop différente entre les deux monde sauf si cela trouve une explication compréhensible autre qu'un "Ta Gueule C'est Magique".

    Si je n'ai pas mis les Chroniques de Narnia (de C. S. Lewis) comme exemple de low-fantasy, ce n'est pas parce qu'elles n'en font pas partie, mais parce qu'elles sont un mélange de plusieurs sous-genres.  En effet, on a aussi des éléments d'heroic-fantasy. Ah, ce petit nom vous dit quelque chose ? C'est normal, on a tous pensé un jour que la fantasy se réduisait à ce sous-genre (beaucoup d'heroic-fantasy sont aussi de la high-fantasy, c'est un mariage classique). Vous savez, ce sont ces récits épiques où le héros a une mission et devra faire preuve de courage et d'abnégation pour y parvenir. Rien qu'avec cette définition, on a ratissé 50% de la production de fantasy sans s'en rendre compte. C'est un beau score. Mais Narnia fait un peu plus que ça, puisqu'un troisième sous-genre vient s'ajouter : la light-fantasy. C'est probablement son côté livre jeunesse qui ressort : il y a beaucoup d'humour, de situations comiques et légères qui sont l'apanage de ce sous-genre. Mais attention, ce n'est pas un sous-genre uniquement jeunesse ! Les œuvres de Terry Pratchett sont des représentantes iconiques de la light-fantasy et sont plutôt tournées vers un public adulte.

    The Lionhearted, par Lynn Lupetti

    Le sous-genre qui la contraste est la dark-fantasy, qui l'eut cru ? C'est même pas marqué sur sa gueule que c'est pas pour un public sensible ! Je ne vais pas cacher que c'est un sous-genre que j'ai du mal à apprécier, même en étant une grosse fan de Berserk (oui oui, c'est un manga pionnier du genre, et un très bon en plus de ça ! Range-moi ce mépris, infidèle !). Ici, on va être sur un bail à la limite de l'horreur (quand ce n'en est pas littéralement), qui dénonce les travers humains en transposant et amplifiant ceux-ci dans un monde parallèle. Putain, qu'est-ce que je parle bien. Profitez, c'est pas souvent ! Ce qui est dommage, c'est qu'on a vite tendance à tomber dans le surplus de gore et de misérabilisme. C'est un genre qui attire beaucoup les jeunes auteurs qui, par défaut d'expérience, sous-estiment la complexité de ce sous-genre. Faire une bonne dark-fantasy nécessite un équilibre entre l'horreur montrée et le sens qu'on peut y trouver. Par exemple, j'aime bien le Trône de fer, c'est une dark-fantasy sympa. Mais l'hécatombe générale fait qu'on a du mal à voir autre chose qu'un acharnement du sort sur les personnages alors que je suis sûre qu'il y a beaucoup d'autres choses derrière ! (Ne me dîtes pas de passer outre la série et de lire les livres... J'ai commencé par les livres et n'ai regardé que quelques épisodes de la série.)

    Planche de Berserk, par Kentaro Miura

    D'ailleurs, le Trône de Fer est un bon exemple de médiéval-fantasy. C'est assez simple à reconnaître puisqu'on est sur un monde sans avancées technologiques, avec un système social très "casté" : des nobles, des gueux, des héritiers, des chevaliers, des bâtards, etc... On a aussi une représentation féminine qui met certaines femmes sur le devant de la scène tout en montrant que ce n'est pas une généralité. Sans compter bien sûr, les signes plus évidents comme l'architecture, les blasons, les armures et l'utilisation de dragons typés européens (Saint Georges, tout ça tout ça), une créature moyenâgeuse par essence.

    Et, bien sûr, puisqu'on a de la fantasy dans le passé, on a de la fantasy dans le futur ! C'est beau, putain ! Bon, futur, c'est quand même assez relatif... Ça s'appelle la science-fantasy. C'est un sous-genre assez trouble puisqu'il est souvent confondu avec la science-fiction. Mais là, on est sur l'apparition de technologies de pointe dans un univers où le progrès social n'a pas suivi. En gros, c'est le Roi Arthur qui tire des lasers. Bien fait, ça passe. Mal fait, c'est drôle (et tragique, ne l'oublions pas).

    Juste pour le plaisir de mettre une photo de Barbarianna (Kung Fury)

    Je n'avais pas trop envie de parler d'urban-fantasy, mais il est indéniable que ça existe et que certaines sont très bonnes, comme American Gods de Neil Gaiman. C'est de plus en plus répandu et c'est probablement ce surplus de licences qui m'a éloignée de l'amour originel que j'avais pour ce sous-genre. C'est un mélange entre fantasy et fantastique donc j'ai du mal à vraiment considérer ça comme de la fantasy, à part lorsque les créatures présentes dans notre monde (qui est donc contemporain, pour le coup, bye les chevaliers !) ont leur propre territoire ou monde, ce qui nous ramène à la low-fantasy. De tous les sous-genres, il s'agit probablement du plus simple d'accès à l'écriture, même si comme tous les autres il nécessite de mettre en place une cohérence générale. Ici, on a d'autant plus d'explications à fournir que si les créatures existent dans notre monde, il faut justifier le fait qu'elles soient invisibles ou intégrer les conséquences de leur inclusion dans la société. Mais il n'y a pas besoin de recréer la société actuelle vu qu'on l'a sous les yeux, et c'est ça qui la rend plus simple.

    Comme vous l'aurez compris, la fantasy, c'est beaucoup plus que des guignols en armures qui vont casser du dragon pour récupérer la pierre de Mont Khu. Ça existe, évidemment, mais ce n'est en aucun cas la totalité des œuvres. Je n'ai d'ailleurs abordé que les sous-genres que je jugeais importants à connaître pour avoir une connaissance minimale de ceux-ci. Il en existe d'autres que vous pourrez trouver sur internet si vous vous êtes découvert une passion durant votre lecture (on sait jamais). J'espère que cet article vous aura apporté un peu de distraction et de connaissances sur le monde merveilleux de la fantasy !

    « Biowoman #1 : Garde-robe minimalisteNovaCorp »
    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks Pin It

    Tags Tags : , ,
  • Commentaires

    1
    Dimanche 9 Juin à 22:59
    C'est bien exhaustif, j'adore! Pour les curieux, il y a aussi la sword and sorcery, la fantasy historique, la romantic fantasy, l'animal fantasy, la gunpowder fantasy et la fantasy d'inspiration nord asiatique ou africaine.
      • Dimanche 9 Juin à 23:32

        Merciii <3. Il va falloir que je fasse un complément d'article avec tout ça ! XD

        Il y en a que je ne connais pas, ça m'intrigue... Peut-être que ça me donnera des idées, qui sait ? ^^

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :