• HS #4 : La jalousie, c'est mal.

    Vazy frère, c'est pas cher...

    Mes parents ne se sont pas foulés. Bah oui, de tous les "packs enfant" qu'on leur a proposés, ils ont pris celui qui était en promo. C'est sûr que quand on a déjà eu trois autres mioches qui nous ont coûté la peau du cul, on se méfie : vaut mieux investir moins pour être sûr de pas être déçu. Donc voilà, aujourd'hui, je me plains, parce qu'en plus, on leur a refilé un défaut de fabrication plutôt emmerdant : la jalousie.

    La jalousie, c'est mal, mais ça ne m'empêche pas d'en garder des stocks conséquents dans mon subconscient. Parce que, voyez-vous, j'ai la malchance d'être invisible. Enfin, pas au sens physique du terme, mais au sens de "personne ne se souvient de moi". Tous les adultes que j'ai fréquentés au cours de ma scolarité n'ont aucun souvenir de m'avoir un jour eue en classe. Le jour où je suis allée récupérer mon brevet des collèges, un seul professeur a été capable de me reconnaître et de mettre un nom sur mon visage. Enfin... Il s'est surtout rappelé de "la petite sœur de X".

    Et encore, le meilleur, c'était au lycée : 3 ans à me faire appeler Marjorie (ce n'est pas mon prénom pour les mous du bulbe). A un événement, on devait avoir des badges autocollants avec nos noms et prénoms dessus. Il y avait une erreur sur mon nom de famille : ils ont mis celui de Marjorie alors que le sien ne présentait aucune erreur.

    C'est moche, mais c'est vrai, je suis invisible, et même pire : oubliable. Bien sûr, ça a des avantages : quand il faut interroger quelqu'un, ce n'est jamais moi. Mais les inconvénients sont, à mes yeux, les plus compliqués à gérer.

    Il faut savoir que je marche à la carotte et pas au bâton. Mais quand personne ne te voit, personne ne te complimente. Personne ne voit même que tu fais des efforts, que tu galères, ou que tu réussis. Quand tu fais quelque chose, ce sont les autres que l'on complimentera alors que tu as fait exactement la même chose, si ce n'est mieux ou plus vite.

    Et ce qui est le plus douloureux, c'est quand les personnes que tu estimes ne te voient pas. Pour illustrer mon propos, voilà deux anecdotes, l'une récente et l'autre un peu moins :

    • Je fais de l'équitation, et même si je ne suis pas la meilleure, j'ai un niveau plus que correct. Il y avait une mono que j'adorais d'une vraie admiration. Et j'avais réussi à instaurer une relation de confiance, voire d'amitié entre nous, étant généralement la plus vieille du groupe. L'une de mes camarades faisait un stage de saut compèt' avec moi et se faisait toujours complimenter pour ce qu'elle faisait alors que je n'en faisais pas moins. Mais voilà, elle était plus jeune que moi. Ma mono m'a dit un jour : "Il y a des gens comme elle, on voit qu'ils sont faits pour l'équitation : ils ont ça dans le sang". Je peux vous dire que ça refroidit. Et moi ? Je fais tout mal ? Je n'ai aucun talent ? Pourquoi elle ? Pourquoi pas moi ? Je fais des efforts, je m'améliore mais tu ne le vois pas.

    Ça peut sembler puéril comme réaction, je sais, mais quand on ne l'a pas vécu comme moi, comme une fille qu'on ne reconnaît jamais, on ne sait pas à quel point ça fait mal. Aujourd'hui, ça me reste. Et ma tendance à la jalousie n'a fait que grossir à partir de là.

    • Depuis cette année, je me suis mise à l'escalade. Alors que j'ai le vertige, j'ai été capable de grimper en haut d'une piste après seulement quelques séance. J'étais fière de moi, c'est normal, il faut savoir reconnaître quand on a fait quelque chose de bien. Et puis vient l'arrivée d'une des filles que j'ai rencontrées à l'IUT. Pourtant, j'ai réussi à monter avant elle en tête, mais le prof n'a eu d'yeux que pour elle : "on dirait que t'as fait ça toute ta vie !"

    C'est vraiment laid, mais je suis jalouse d'elle à un point maladif. Elle est sûre d'elle, elle réussit tout ce qu'elle fait et arrive toujours à me faire remarquer que je ne suis pas comme elle. Régulièrement, je me prends des "Si tu veux faire quelque chose, tu le dis, mais décide-toi rapidement !". Elle me met mal à l'aise. Sa présence même me déprime et me rappelle que quoi que je fasse, on ne verra jamais que les autres et jamais juste moi.

    J'ai toujours fait en sorte que l'on n'ait jamais à redire sur mon comportement, de ne pas gêner, de ne pas être un poids ou un perturbateur et ça me retombe dessus comme une bêtise. On se souvient de ceux qui marquent les esprits, mais jamais de ceux qui ont fait ce qu'il fallait en silence.

    C'est peut-être une forme de dépression qui parle, mais je me sens mal et j'avais besoin de trouver du soutien alors merci à ceux qui auront lu jusqu'au bout.

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 19 Novembre 2017 à 21:54

    C'est amusant de comparer les ressentis de chacun. Car moi ce serait plutôt l'inverse. La preuve que l'on a jamais ce que l'on veut. Et ce qu'on a, on ne le veut pas toujours.

    Mais il ne faut pas te sentir mal à cause de ça. Il y a quoi de plus humain que la jalousie ? Tout le monde connaît ça. Le sentiment d'injustice c'est tellement réel.

    Au moins tu as conscience de tes propres qualités et efforts ! C'est le plus important.

    Il ne faut rien attendre du monde de toute façon, sinon le monde sera décevant, et au mieux on sera surpris (dans le bon sens). J'ai bien conscience que c'est plus facile à dire qu'a faire mais je t'assure que ça marche.

    J'espère que c'est juste passager et que tu iras mieux bientôt ^^

     

      • Lundi 20 Novembre 2017 à 21:40

        On n'est jamais contents de ce qu'on a... Merci pour tes encouragements, ça ira bientôt mieux normalement ^^. Je vais essayer de me ressaisir et de compter un peu plus sur moi.

    2
    Lundi 20 Novembre 2017 à 18:42

    Je te comprends, tu sais,  je sais que ce n'est pas toujours facile de ne pas être reconnu même quand tu fais mieux que les autres, c'est décevant. Avant j'étais trop timide  et je suivais ce que l'on me demandais comme un vulgaire mouton, j'étais toujours toute seule et je n'avais qu'une seule vraie amie qui était dans une autre école; je me réfugiais dans les cours pour m'imaginer que plus tard, j'aurais une belle vie avec tout le bonheur que je voudrais. Malgré cela, je me suis toujours sentie rejetée, même par mes maîtresses. C'est en sixième que tout a changé: ma meilleure amie m'a fait rencontrer son groupe d'amies et en cinquième nous nous sommes créées des surnoms et c'est grâce à ça que je suis devenue la "mascotte de l'école". Mon surnom était Poulpi et j'ai tout fait pour le faire connaître. Parfois au point que les autres ne me connaissaient que par ce surnom. Il m'a aidé à reprendre confiance en moi et depuis, je travaille toujours aussi bien mais les gens m'encouragent et me félicitent. J'ai enfin le sentiment de faire partie de la société.

    J'espère que cette histoire t'aidera et qu'elle te servira à te sentir mieux.

      • Lundi 20 Novembre 2017 à 22:01

        Merci d'avoir partagé ça avec moi, je me sens moins seule ^^. J'espère que j'arriverai à trouver ma place, un jour. Se sentir en dehors de tout, c'est ce qu'il y a de pire...

    3
    Lundi 20 Novembre 2017 à 18:45

    Ne t'inquiète pas, la jalousie, c'est un des sentiments les plus humains qui existe !

    Au niveau du prénom... Ma prof d'anglais m'a appelée Manon pendant toute l'année. Ma prof de maths m'appelle encore parfois Marie ou Manon. Et dans ma vie, on m'a appelée Mathilde, Marion, Manon, Marie, Marjorie (aussi ^^), Marguerite, Margaret, et parfois par mon prénom parfois ^^ C'est TRES chiant ! J'ai dû répéter des dizaines de fois "MON PRÉNOM C'EST MARGAUX, PAS MANON !".

    Avec mes amies, on s'est rendues compte que dans notre groupe, on ne m'écoute presque jamais. Je dis un truc et elles me coupent ou elles continuent à parler. Je suis invisible... Pourtant, j'apprécie énormément mes amies et je sais qu'elles m'apprécient beaucoup, mais ça se passe toujours comme ça... Je suis jalouse de celles qu'on écoute...

      • Lundi 20 Novembre 2017 à 22:04

        Nous sommes donc camarades de galère dans la dure guerre du bon prénom ^^.

        Moi aussi j'ai des problèmes de parole. Mais depuis un moment, je grogne quand on me coupe la parole et ça commence à porter ses fruits ^^. Enfin, je ne le fais pas encore avec les filles de l'IUT, je ne me sens pas assez intégrée pour ça (et je pense que deux ans ne seront pas suffisants pour y remédier).

        On va faire un club de jalouses anonymes si ça continue XD

    4
    Samedi 25 Novembre 2017 à 19:47

    Mes respects Madame !

    Invisible ! Invisible ! C'est vite dit ! Pas sur Ekla en tout cas !

    Je reconnais un peu être comme toi ! J'ai toujours basé mes efforts pour m'améliorer sur la reconnaissance du travail effectué ! Même à l'heure actuelle, un supérieur qui ne me félicite pas après avoir bien fait mon taf, ça me bloque ! Je trouve cela assez démotivant ! Mais bon ! On est adulte ! On fait avec !

      • Dimanche 26 Novembre 2017 à 21:55

        Mes respects, Monsieur ^^

        C'est sûr qu'Ekla me donne beaucoup plus que ma vie IRL niveau attention et compréhension ^^.

        J'ai l'impression qu'on va pouvoir faire un club entre non-reconnus... Adulte ou pas adulte il y a des choses auxquelles on reste sensible avec les années. Moi, c'est la reconnaissance. Après, peut-être qu'un jour je me lasserai et que je me ferai une raison, mais je trouve ça plutôt triste, tu ne trouves pas ?

      • Mardi 5 Décembre 2017 à 07:47

        Complètement d'accord c'est triste ! Surtout que ça ne coute rien, un compliment ! Un : " C'est bien mon gars, t'as bien bossé !"  fait toujours son effet !

    5
    Lundi 27 Novembre 2017 à 23:42

    Vive Ekla alors ! ;p La vie IRL est nulle de toute façon.

    Ça fait 2 semaines que la malchance me colle comme de la glue. Tu te souviens de mon téléphone qui est mort après seulement 8 mois. On vient de me voler le nouveau. Je le retrouverai jamais, ni toute ma vie qui été dedans. Et j'avais toujours pas fini de rembourser celui-là et celui d'encore avant.

    Je veux partir faire un élevage de chèvres dans les alpes et qu'on me laisse tranquille.

      • Samedi 2 Décembre 2017 à 14:41

        Tu préfères pas plutôt les Pyrénées ? Parce que je compte bien venir avec toi XD

    6
    Samedi 2 Décembre 2017 à 14:27

    J'ai l'impression d'être dans le cas inverse, aussi bien (et surtout) IRL que sur les réseaux (je m'explique plus loin)

    Après je me dis que dans les deux cas, je suis responsable. Au cours de ma scolarité, on me disait souvent que j'étais difficile à ignorer, que ça soit niveau apparence et comportement. Rien que dans l'un de mon ancien lycée où j'ai fait L, même ceux qui n'était pas dans ma classe me connaissait alors qu'on ne s'était jamais parlé (en même temps une tête orange et fringué tout en noir + les conneries que j'ai fais, j'avais acquis une certaine réputation).

    Après il y a eu le classique que beaucoup peuvent ressortir "Les gens me retenais parce que je sortais du lot" (parce qu'on a une passion différente et que du coup les """ado classiques" peuvent pas nous piger) c'était mon cas dès ma petite enfance.

    Après niveau capacités vu que tu l'as sorti avec l'équitation et l'escalade, je dois dire que ça me fatigue un peu, au niveau de ma famille, qui sait que je dessine depuis la maternelle et qui du coup pense que j'ai un "réel talent", et j'ai vu des gens dans mon entourage me dire qu'ils étaient découragé au niveau de leur dessins quand ils voyaient les miens. S'il vous plait les gens, je dessine correctement que depuis quelques mois.

    Il y a souvent ces fois où je voudrai m'effacer, que les gens m'oublient et surtout je veux détruire cette réputation que j'ai eu fut un temps mais qui n'est plus valable vu que j'ai changé. En fait c'est là où j'en viens à Internet. On fait tous des conneries, moi-compris, fut un temps où je postais des propos qui ne plaisaient pas à certains et du coup j'ai acquis une certaine réputation et les gens ne jurent que par ça. Maintenant cette réputation est une vision déformée de moi-même qui ne correspond plus du tout à ce que je suis, mais les gens continuent d'y croire, de parler de moi dans mon dos en disant "C'est cette personne qui a fait tel truc, qui pense tel truc...". C'est d'ailleurs en partie à cause de ça que j'ai subi du cyber harcèlement il y a peu de temps.

    J'aimerai qu'ils tournent la page comme je l'ai fait, qu'ils m'oublient, qu'on me laisse tranquille. Daysolay j'ai parlé de ma vie ;)

      • Samedi 2 Décembre 2017 à 14:47

        Au moins, tu es reconnu dans ce que tu fais. Les mauvais jugements, ça nous tombe tous sur le coin de la trombine à un moment ou à un autre. Toi plus que les autres, tu le sais. Mais derrière ça, il y a des gens qui reconnaissent ton talent et t'encouragent ^^.

        Quelque part, je comprends un peu tes proches : on se sent souvent petits face à une personne "expérimentée". Dans mes coups de blues, j'ai tendance à comparer mon écriture à des auteurs connus (J.K. Rowling, si tu passes par là...) et à me sentir inutile et totalement nulle. Mais ne pas faire d'effort juste parce que les autres sont plus doués que nous, ce n'est pas excusable.

        Je ne sais pas si ça te rassurera, mais les scandales sur internet, ça a tendance à se noyer dans le flot des informations. Bientôt, tout le monde (sauf toi) aura oublié le scandale Twitter. Et tu pourras te reconstruire sur des bases saines avec beaucoup plus de prudence.

        Bref, même si tu veux parfois qu'on t'oublie, sache que ceux qui se souviendront de toi seront ceux qui accordent vraiment de l'importance à ton travail. Les harceleurs auront vite fait de trouver d'autres cibles.

    7
    Jeudi 14 Décembre 2017 à 12:40

    Aie aie aie... J'ai eu l'impression d'entrer dans la tête de ma petite soeur, du coup je la comprend un peu mieux, enfin sont point de vue. Elle aussi sur un de ses anciens blogs avaient écrit un article: "je suis invisible", où elle expliquait sa tristesse par rapport à ça. 

    Elle est d'ailleurs très jalouse de moi parfois, notamment de notre relation avec ma mère, certaine fois elle se monte aussi la tête pour rien alors comme pour elle je te dis:

    J'ai conscience que ça ne doit pas être facile, j'ai été aussi dans ce rôle au collège, je me suis prise en main pour me montrer derrière et au bout d'un an de gros effort ça a finit par porter ses fruits (enfin moi c'était surtout ma timidité excessive...). Mais des fois tu es tellement habitué à te retrouver "oublier" que justement ton cerveau doit penser uniquement dans ce sens et ne plus voir certains gestes, certains mots, ce qui est normal ! Ton regard n'est pas neutre ce qui est humain, mais tu peux toujours le tirer légèrement vers le centre pour voir des petites attention (même minime).

    Attention je ne remets pas du tout en question tes dires, je suis sûre que c'est exactement ce qui ce passe et ce que tu vis ! Et ça doit être pénible, et effectivement je suis un peu râleuse aussi donc je comprends que quand quelqu'un arrive et te dis "positive" tu as envie de lui mettre la tête dans une benne à ordure ! x) Mais heureusement qu'il y en a une pour te dire ça même si elle est chiante en vrai ! :') 

    Ne positive pas tout, juste ouvre ton champs de vision pour trouver au moins un truc positif dans les gestes des gens envers toi ! "Quand on cherche on trouve !" :D 

      • Jeudi 14 Décembre 2017 à 13:15

        Contente de t'aider ^^ . Mais crois-moi, elle le ressent encore, ce sentiment, on ne s'en débarrasse pas comme ça quand on est bien atteint, même en faisant des efforts.

        D'ailleurs, pour ce qui est d'en faire, je ne chaume pas mais il faut savoir que dans le contexte de mon IUT, les personnes avec qui je suis ne sont pas les plus compréhensives du monde. Je dirai même que c'est tout le contraire, elles ont plus tendance à m'enfoncer qu'à m'aider. Ce ne sont d'ailleurs pas des amies, juste des présences dont le seul but est de me tenir compagnie.

        Je n'ai pas d'amis à l'IUT, je me sens seule et vulnérable. Bref, j'ai besoin plus que jamais d'un soutien psychologique, de la reconnaissance des autres, de leur attention.

        Honnêtement, je suis plutôt objective dans mon rapport aux autres. Je suis oubliable : c'est un fait et pas seulement une pensée. C'est un fait visible et vérifiable. Aujourd'hui encore, on m'a appelée par le mauvais prénom alors qu'il n'y a que 4 filles dans la classe (donc pas matière à se tromper, surtout après quatre mois) et ne me dis pas qu'un lapsus est vite arrivé : c'était une distribution de copies.

        Bref, je ne pense pas que positiver m'aidera beaucoup, mais merci ^^

      • Jeudi 14 Décembre 2017 à 15:43

        Je comprends, mais tu trouveras des gens qui t'aimerons et ce jours là à leurs yeux tu ne seras pas oubliable ! ^^

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