• To hunt or not to hunt, that is the question

    Je vois d'ici vos têtes : "Non mais meuf, tu mets des photos de cerf partout et ton pseudo, ça veut dire renne : tu nous prends vraiment pour des couillons, c'est évident que t'es contre !". Et à toi, mon cher ami, je te répondrai avec délectation, que tes spéculations, tu peux te les mettre dans le f... Bref, les amateurs de poésie auront compris le message, mais pour les autres : je ne suis ni pour, ni contre, et c'est pour ça que je me suis posé cette question.

     

    Tout est parti d'un demi-chauve avec des bottes de Pretty Woman... Il m'en faut vraiment peu (jolies jambes, au passage)

    En fait, tout est parti de l'affaire Alain Drach. Pour ceux qui vivent sur Mars (la planète, pas le biscuit), cet homme est un chasseur à courre responsable d'une équipe. Mais lors d'une partie de chasse, un cerf est allé se réfugier das une propriété privée et il y est allé pour essayer de l'en déloger. Mais devant la difficulté et la dangerosité de l'acte (malgré la présence et l'encadrement des forces de l'ordre, il faut le préciser), il s'est retrouvé contraint à devoir abattre l'animal sous le regard critique de la bourgade. C'est ainsi qu'a démarré un festival de menaces de mort à son encontre, et les flammes de la cause animal lui ont allègrement brûlé le derrière.

    Mais le bonhomme, que je jugerai d'honnête, ne s'est pas laissé démonter. Je vous laisse lire l'article relatant l'interview.

    Pour ma part, même en étant une amie des animaux et pas une partisane de la chasse pour deux sous, je trouve la réaction des gens excessive. Vraiment. Ils ne savent rien, ne connaissent pas le milieu ni l'utilité de la chasse, se cachent derrière de grands principes qu'ils n'appliquent pas et se permettent de juger un homme qui, pourtant, a pris ses responsabilités.

    Pour ceux qui vivent chez les Bisounours (ou ceux qui dorment dans le fond de la classe, Dieu les préserve de mon fatal lancer de craie) : un cerf apeuré est un cerf dangereux. J'ai une amie qui m'a dit : "Oui, mais si on l'avait laissé tranquille, il serait reparti tout seul." Je ne peux pas le nier, mais qui sait quels imprévus auraient pu arriver ? Nous avons une fascination, même inavouée pour les animaux sauvages, mais surtout, on se croit immortels, ou trop chanceux pour qu'une couille nous arrive. Mais ça n'arrive qu'aux autres que jusqu'à ce que ça nous tombe dessus ! Un civil, en essayant "d'aider" l'animal, aurait pu se faire empaler, purement et simplement. Ah bah oui, le père de Bambi est un sacré warrior avec ses bois.

    C'était donc une affaire de sécurité publique. Oui, c'est injuste pour cet animal, mais les forces de l'ordre doivent faire leur travail : assurer la sécurité civile, et comme ils ne connaissent rien à la chasse et à ses procédés, il était normal qu'Alain Drach intervienne.

    Passons.

    Mon introduction à ce sujet si fun qu'est la chasse étant fait, rentrons dans le bide du sujet : la chasse, la vraie, celle qui pue la poudre et l'animal crevé.

     Beaucoup veulent la faire interdire et là, je me dis : Mazette, si vous faites ça, on n'a pas l'cul sorti des ronces, les enfants. Parce que je ne sais pas si vous le savez, mais si on réintroduit des grands prédateurs, c'est parce qu'on les a exterminés. Et quand il n'y a plus de prédateurs, qu'est-ce qu'il se passe ? Oui toi, qu'est-ce qu'il se passe ?

    Ce qu'il se passe, c'est qu'on me répond : "Ouais bah fallait pas les tuer au départ."

    Dieu du ciel, je vais me les faire...

    Mais... Mais... Mais oui ! Mais oui, c'est débile ! C'est VRAIMENT débile comme argument. Mais... C'en est même pas un !

    Mettons-nous d'accord : ce qui est fait est fait. Point, à la ligne. Si tu veux continuer à cracher sur des tombes au lieu de passer le balais derrière leurs conneries, libre à toi, mais ne commence pas à me casser mes burnes métaphoriques parce que la solution ne te plaît pas !

    C'est pour ça que je vais vous faire un petit historique afin d'expliquer pourquoi la chasse, à défaut d'être morale est utile.

     

                  1. De la pré-histoire au Moyen-Âge : chasser pour survivre

    A l'origine, nous chassions les deux parties de la chaîne alimentaire : les prédateurs pour ne pas qu'ils nous attaquent, et les proies pour nous nourrir. C'est sûr qu'à l'époque, si tu tuais pas le mammouth, tu survivais pas longtemps... Et encore moins si tu te prenais un grand prédateur sur le coin de la figure (c'est un poil plus rapide que de crever de faim).

    Et puis, on s'est rendu compte que c'était bien pratique de pas courir après le bouquetin dès qu'on voulait se faire un petit sandwich, alors on a inventé l'élevage, puis l'agriculture. Nous avons adopté un mode de vie sédentaire. Du coup, la chasse des proies est passée à un niveau secondaire, un dernier as dans la manche quand on crève de faim et qu'on a mangé le dernier auroch.

    Mais le problème, c'est que les grands prédateurs aussi, ils ont compris le principe, mais ils ne se font pas chier à élever des moutons ou des vaches (intelligent, n'est-il point ?), ils viennent piocher dans le troupeau ni vu ni connu. C'est à cette époque que les agriculteurs ont appris quelque chose de primordial qu'ils pratiquent encore aujourd'hui... La plainte. Bah ouais, ils se plaignent et se concertent pour partager leurs bobos, et puis ils se disent que, si le loup tue leurs moutons, bah ils peuvent bien tuer le loup. Alors ça devient œil pour œil, dent pour dent.

    Nous sommes encore à une phase de chasser pour survivre, mais il se développe en parallèle la chasse pour le plaisir, ou pour l'honneur. La bête du Gévaudan, ça vous dit quelque chose ? Non ?

    ALORS VA BOUFFER UN LIVRE D'HISTOIRE ET REVIENS ME CAUSER APRÈS, TROUDUC !

     

                 2. Le Moyen-Âge : chasser pour l'honneur, les conséquences

    Nous en sommes donc à une époque où le souverain dont j'ai oublié le nom, donne des primes pour les prédateurs tués. Du coup, bah, les prédateurs, ça se fait rare (un peu comme le fric de la France...). Parce qu'on va pas se mentir, quand on est pauvre comme un gueux, si on peut ajouter un peu de lard à la soupe, c'est un plus.

    Et qu'est-ce qu'il se passe quand il n'y a plus de grands prédateurs ? Hein ? Non, pas toi, t'as déjà donné ton avis, laisses-en un peu aux autres (en plus t'es con comme un balais). Oui, toi qui as une bonne tête d'escroc, bouh qu'il est vilain (et enlève ce doigt de ton nez) :

    "Bah, les proies prolifèrent."

    Oui, bien ! Il a même du vocabulaire ! Eh oui, les enfants, quand le chat n'est pas là, les souris dansent, ou plutôt, elles font des bébés. Et quand la population mondiale augmente, il faut produire plus de nourriture, c'est mathématique, donc les espaces forestiers se réduisent et le territoire des proies aussi.

    Sauf que, moins de territoire, c'est moins de nourriture, les animaux vont donc exploiter les ressources du territoire jusqu'à la dernière miette : on appelle ça le déclin de l'écosystème (ça t'en bouche un coin, hein ?). Comment palier ça ? C'est malheureux, mais il faut réguler cette population trop élevée pour ne pas arriver à de telles extrémités. Du coup, on tire dans le tas, mais pas n'importe comment.

     

                 3. La chasse aujourd'hui

    C'est utile.

    ...

    Oui, bon, vous attendez mon argumentation, mais je l'ai déjà donnée. Pourtant, je n'aime pas ça, le fait que l'Homme doive réguler un environnement naturel. Ceux qui disent : "Il ne fallait pas chasser à la base" méconnaissent les raisons de la sur-chasse des prédateurs. Ils stigmatisent des personnes aujourd'hui utiles parce que "tuer des animaux innocents, c'est pas bien". Mais si on ne l'avait pas fait, à l'époque, vous ne seriez sûrement pas là pour chipoter.

    Et puis, les laisser s'auto-détruire, c'est mieux ? Parce que sans milieu naturel, ces animaux sont condamnés. Les hommes comme Alain Drach font partie des chasseurs qui jouent dans les règles, qui respectent la loi et les quotas. Même s'ils chassent pour le plaisir, leur action est utile et nécessaire.

    On peut juger ce loisir de cruel et dégradant pour les animaux, ramenés à l'état de simples trophées, mais les chasseurs les plus avisés reconnaissent un animal malade de loin, et le prendront en chasse plus facilement. Je ne prends pas ici en compte les dérives comme les lâchés d'animaux élevés en captivité, abattus par ce que je nommerai des faux chasseurs, des tricheurs sans égal et surtout sans morale.

     

                 4. Faire interdire la chasse et les solutions alternatives

    J'entends d'ici les défenseurs du droit animalier gueuler dans leurs micros pour faire cesser cette pratique barbare. Quoi ? Maintenant ? Mais vous avez pété un boulon ! Plus tard, OK, mais là, vous voulez vraiment que le système parte en live...

    Pour arrêter la chasse, il faut d'abord qu'on réintroduise des prédateurs suffisamment efficaces pour remplacer la chasse. Or, réintroduire, ce n'est pas magique. Il faut que les prédateurs puissent s'habituer à leur milieu et commencer à se reproduire pour être efficaces. Et pour l'instant, on en est plus au stade communément appelé "On réintroduit, ça crève, on réintroduit, ça marche... plus ou moins".

    Donc voilà, vous êtes mignons et pleins de bons sentiments, mais il faut avoir les pieds sur terre quand on dit ce genre de choses. Cette demande pourrait être réalisée, mais il faut du TEMPS.

    Du temps, et de l'argent. Parce que c'est bien beau de réintroduire, mais les bergers, eux, ils sont dans le caca jusqu'aux genoux. Il faudrait les subventionner, mais pour ça, faut des billets. Et encore, l'argent, ça ne répare pas tous les tords. On peut dire ce que l'on veut, mais un agriculteur aime ses bêtes et les voir se faire égorger, ça ne lui fait pas rien.

     

                 5. Conclusion

    La chasse est utile pour l'instant, mais pas pour toujours. La faire interdire, cela demande des moyens que nous n'avons pas encore. Je comprends bien ceux qui voient cela comme inhumain, mais s'indigner sans connaître les faits, c'est avoir un avis superficiel. Réfléchissez à ce que je vous ai dit, et si vous n'êtes pas convaincus, sachez que mon but a quand même été accompli.

    Voilà, je me suis mis tout le monde à dos : les chasseurs ne veulent pas voir leur pratique disparaître et les défenseurs de la cause animale me huent. Je pense que cet exploit se doit d'être applaudit, non ?

    Oui, je suis un génie.

     

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  • Commentaires

    1
    Lundi 30 Octobre à 10:04

    Salut Reindeer ! Je ne suis pas pour la chasse en général ! Mais perso je trouve la chasse à courre assez barbare ! Le cas que tu nous expose est assez particulier, mais ce pauvre animal n'avait aucune chance de s'en tirer ! Même après avoir échapper à la meute, il est quand même mort ! Le fait qu'il est était abattu était cependant logique, effectivement ! 

    Et hop ! Encore un bon article !

      • Lundi 30 Octobre à 10:10

        Je n'aime pas la chasse à courre non plus : sans parler des proies, les chevaux qui y participent sont souvent traumatisés (autant moralement que physiquement) en sortant de ce milieu et les chiens, n'en parlons même pas...

        L'abattage de ce cerf était malheureux, mais les réactions m'ont vraiment parues violentes. Et après c'est au chasseur qu'on reproche sa barbarie ? Faîtes ce que je dis mais pas ce que je fais...

        Il y avait beaucoup de facteurs à prendre en compte dans cette affaire et les indignés n'ont vu que ce qu'ils voulaient voir.

    2
    Lundi 30 Octobre à 10:15

    Il est clair que les réactions sont un peu trop virulentes, il fallait malheureusement l'abattre ...

      • Lundi 30 Octobre à 10:18

        Et ça s'acharne encore : le nombre de pages que je suis qui sont engagés dans les droits des animaux... Mon Dieu, ils n'ont rien d'autre à faire... Enfin, après tout, combattre la maltraitance et l'abandon des animaux de compagnie, le commerce de fourrure et d'ivoire, l'extinction d'espèces sauvages, les parcs aquatiques, les animaux dans les cirques : c'est pas grand chose, hein ? Vaut mieux se concentrer sur la chasse, parce qu'on sait que c'est inutile et cruel ! Bref, j'arrête de m'exciter ^^

    3
    Lundi 30 Octobre à 10:21

    C'est vrai qu'il y a des tonnes d'autres combats à livrer... au point d'en délaisser un ? Je n'en suis pas sûr... mais de là à s'acharner sur un type comme ça !

      • Lundi 30 Octobre à 10:25

        Pas au point d'en délaisser un, mais au point de délaisser ce qui ne mérite pas autant d'acharnement. OK, on peut détester les chasseurs, mais il ne faut pas oublier qu'ils sont humains et ne se définissent pas seulement par une pratique.

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